Égalité femmes-hommes : les plateformes ouest-africaines du commerce équitable passent à l’action

5 octobre 2026
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4 min

Togo, Bénin, Côte d’Ivoire, Ghana, quatre plateformes nationales du commerce équitable font de l’égalité de genre un axe central de leurs stratégies. Leur objectif des trois prochaines années : transformer les rapports de pouvoir entre les femmes et les hommes.

Une priorité inscrite dans les stratégies

Les Plateformes Nationales du Commerce Équitable (PNCE) du Togo, du Bénin, de Côte d’Ivoire et du Ghana (le Fair Trade Ghana Network) ont décidé de placer le genre au cœur de leur feuille de route. Aux côtés de Commerce Équitable France et d’Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF), elles ont travaillé à renforcer la prise en compte de l’égalité femmes-hommes et de l’inclusion sociale dans leurs stratégies pour les trois prochaines années.

Ce choix est en cohérence avec la promesse du commerce équitable : construire une économie plus juste, pour toutes et tous.

Améliorer les conditions économiques ne suffit pas à effacer les inégalités

Le commerce équitable porte une ambition de justice économique et sociale. Mais ses effets ne se répartissent pas de façon égale entre les femmes et les hommes.

En Afrique de l’Ouest, les femmes occupent une place déterminante dans la production agricole. Elles disposent pourtant, bien souvent, d’un accès plus limité aux ressources productives, à la propriété foncière, aux revenus et aux organisations de producteurs. Améliorer les conditions économiques d’une filière ne transforme pas, seul, les rapports qui structurent la répartition du travail, des ressources et du pouvoir en son sein.

Autrement dit, les inégalités entre les femmes et les hommes ne relèvent pas uniquement de l’accès aux ressources. Elles tiennent aussi aux rapports de pouvoir qui traversent les ménages, les communautés et les organisations. Agir durablement suppose donc de questionner ces rapports et d’y associer les hommes.

Au Togo, former les maris à la masculinité positive

La PNCE du Togo, a initié des formations à la masculinité positive destinées aux maris. L’idée est de faire des hommes des acteurs de l’égalité plutôt que des spectateurs. Ces formations doivent leur permettre de mesurer pourquoi ils ont, eux aussi, intérêt à s’affranchir des schémas patriarcaux. Cela permet également de réduire le risque de backlash pour les femmes qui souhaitent s’engager dans leur coopérative. Le backlash ou « retour de bâton », désigne l’ensemble des réactions hostiles (sociales, familiales ou communautaires) qui peuvent se manifester lorsque les femmes gagnent en autonomie ou en responsabilités.

En travaillant en amont sur le regard des hommes, la démarche cherche à sécuriser l’engagement des femmes.

Au Ghana, ouvrir des espaces de dialogue

Au Ghana, le Fair Trade Ghana Network explore une voie complémentaire. Le réseau met en place des espaces de dialogue réunissant les femmes et les hommes des coopératives pour aborder ensemble le partage des responsabilités et des ressources, au premier rang desquelles la question foncière.

Là encore, l’enjeu est de faire évoluer les manières de décider et de répartir au sein des collectifs.

Passer du constat des inégalités à l’action

Ces expériences dessinent une conviction partagée : réduire durablement les inégalités de genre se construit en agissant sur les causes structurelles, à l’échelle de chaque organisation.

Pour les PNCE, l’enjeu est désormais de capitaliser sur les initiatives déjà engagées, favoriser le partage d’expériences entre pays et renforcer la capacité des organisations à agir, chacune à son niveau. Un travail de fond, à la mesure d’une ambition qui est au fondement même du commerce équitable.