Au Togo, transformer localement pour mieux répartir la valeur : l’exemple de la filière cajou

5 octobre 2026
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3 min

Depuis le 1er janvier 2026, le Togo taxe l’exportation de ses noix de cajou, de karité et de graines de soja à l’état brut. Objectif : garder sur le territoire la valeur qui, jusqu’ici, se créait ailleurs. 

En instaurant cette taxe, le Togo entend encourager la transformation de ses matières premières sur son propre sol, et la création de valeur ajoutée qui l’accompagne. L’ambition dépasse la seule fiscalité : renforcer les acteurs locaux, favoriser une répartition plus juste de la richesse, soutenir des modèles économiques qui bénéficient durablement aux communautés productrices. Autant de principes au fondement même du commerce équitable.

Retenir la valeur là où elle se crée

Une grande partie de la production agricole ouest-africaine est exportée à l’état brut. Or c’est au stade de la transformation que se crée l’essentiel de la valeur ajoutée, une valeur qui échappe aujourd’hui, en grande partie, aux territoires producteurs.

Développer la transformation locale devient dès lors un enjeu majeur : il s’agit de conserver davantage de richesse là où la matière première est produite, et de renforcer les retombées économiques pour les acteurs qui la cultivent. Un déplacement de la valeur, du bout de la chaîne vers son origine.

Pomme de cajou sur son arbre

Une taxe doublée d’une obligation de transformer

Le dispositif togolais ne se limite pas à la taxe à l’exportation, qui vise à limiter les ventes de produits bruts et à inciter les acteurs économiques à investir dans les unités de transformation du pays. Il s’inscrit dans une stratégie plus large d’industrialisation et de développement des chaînes de valeur locales.

À la taxe s’ajoute en effet une contrainte directe. Un arrêté interministériel adopté en décembre 2025 impose à tout acheteur de transformer localement au moins un tiers des volumes de cajou achetés avant de les exporter. 

Les deux mesures se complètent, l’une renchérit l’export brut, l’autre l’encadre. Ensemble, elles doivent ancrer durablement la transformation sur le territoire togolais.

Du champ à l’usine, un cercle qui peut devenir vertueux

Pour la filière cajou, les perspectives sont réelles. Transformée, la noix se vend à un prix supérieur, et l’activité génère des emplois locaux. Une part plus importante de la valeur créée peut ainsi rester au sein des territoires producteurs.

Ce modèle a toutefois une exigence : investir dans les capacités des usines et dans la formation des travailleuses et travailleurs. C’est cette montée en compétence qui fait de la transformation un véritable levier de valeur ajoutée et d’emplois.

Des acteurs locaux forts permettent d’accompagner la structuration de toute la chaine de valeur. L’usine Cajou Espoir en offre une illustration concrète en accompagnant la coopérative UCPA Bio Espoir à obtenir en propre sa certification Commerce Équitable et Agriculture Biologique. Ce qui permet à la coopérative d’approvisionner l’usine et également de pouvoir chercher de nouveaux acheteurs.

Un commerce équitable au service des territoires

Du champ à l’usine, et jusqu’à la valorisation des sous-produits, la transformation locale apparaît comme un levier concret pour faire du commerce un outil de développement. Un commerce plus équitable, créateur de valeur et d’emplois au cœur même des territoires qui produisent.